Photokina 2008 : les deux visions du format micro 4/3
Par Adrian Branco le vendredi 26 septembre 2008 à 16:27
Nous vous en avions parlé. Le format micro 4/3 a été lancé en grande pompe à l'occasion de Photokina 2008 par Panasonic avec son G1. Premier des deux fabricants à pouvoir présenter un modèle finalisé, Panasonic n’a pas lésiné sur les moyens pour promouvoir un appareil dans lequel il croit beaucoup. De son côté, Olympus, pourtant père du format micro 4/3 n’a présenté qu’un prototype de son appareil compact à objectif interchangeable et encore, sous une cloche de verre. A regarder les deux produits on se rend de suite compte d’une approche tout à fait différente de ce type de format
Stratégie Panasonic : s’appuyer sur l’image du reflex
Panasonic est une entreprise d’ingénieurs qui se font plaisir: il suffit de jeter un coup d’œil au LX3 et autres L1 pour s’en rendre compte. Pour la marque nippone, le G1 est un pont d’accès au reflex: il en a le look, poussant le vice jusqu’à reproduire la protubérance qui abrite le prisme dans les reflex, un prisme dont il est bien évidemment dépourvu. Panasonic compte sur la taille réduite de l’appareil pour séduire mais souhaite s’appuyer sur l’image que pourrait avoir, dans l’esprit des gens, l’aspect pro.
Stratégie Olympus : créer une nouvelle niche
Dépouillé et à l’aspect rétro, le prototype d’Olympus colle avec ce que l'entreprise avait, officieusement, annoncé: proposer un appareil qui a un look de compact avec des objectifs interchangeables, le public étant, pour la marque, à la recherche d’un appareil relativement simple mais qui puisse, de part son jeu d’optiques, produire de meilleures images et être plus polyvalent.
Deux visions s’affontent
A gauche, un G1: bien dessiné, facile à prendre en main, avec un écran orientable et la stabilisation qui va bien ainsi qu'un look pro, il fait appareil sérieux.
A droite, un prototype bien avancé: aspect simple, design épuré et un peu old-school, sentant le Leica sur les bord ou tout du moins l’appareil à papa.
Deux approches du marché: pour Panasonic, attirer le photographe séduit par le look du reflex mais rebuté par la taille et l’encombrement. Pour Olympus, il s’agit de faire évoluer en douceur un utilisateur de compact qui veut juste que son appareil fasse un peu plus.

Avis objectif : avantage à Olympus
Le problème du G1 est que, malgré ses qualités intrinsèques, rien ne le distingue vraiment d’un reflex au premier abord. Ni l’aspect, volontairement proche donc, ni le prix puisqu’il sera proposé à 799 euros avec un 14-42 mm (28-84 mm en équivalent 24x36). Si l’on ajoute à cela qu’il n’est pas vraiment plus petit qu’un Olympus E-420 (le reflex le plus petit du marché), même s’il lui est supérieur, cela ne laisse pas beaucoup de champ à ce G1. D’autant qu’en plus du prix élevé s’ajoute l’absence de mode vidéo.
De l’autre côté, même s’il n’est pas finalisé, et quand bien même il serait techniquement un peu inférieur au G1, le prototype -ou tout du moins l’approche d’Olympus- est plus cohérent. Si la marque arrive à contenir le prix –l’argument est de taille–, elle sera la seule à pouvoir proposer un appareil qui conjugue réellement les avantages des deux mondes que sont la petite taille (et la discrétion) des compacts et le panel d’optiques de qualité des reflex.
Avis subjectif : avantage à Olympus
De nombreux utilisateurs éclairés, de l’amateur avisé au photographe pro en passant par le reporter, attendent depuis longtemps un appareil de ce type. Si l’image du Leica M n’est pas loin, ce serait, en plus de l’effet de style, une réponse à un vrai besoin pour certains, à une vraie envie pour d’autres. Pour pousser plus loin la démonstration, on sait que l’appareil influence grandement, dans les photographies de personnes, la réaction, l'attitude, la perception du photographe. Face à un gros Canon EOS Mark III ou un Nikon D3 montés de lourdes optiques, la plupart des gens paniquent, optent pour une posture défensive et ce, souvent de façon inconsciente. Une grande quantité de travaux photographiques réalisés de façon intimiste le sont toujours au moyen de Leica ou appareils… argentiques. L’approche d’Olympus est plus proche en ce sens du chaînon manquant, un appareil que Leica de par son approche élitiste n’a pas été en mesure d’apporter avec un M8 médiocre et au prix extravagant (5000 euros boîtier nu). Le prototype d’Olympus semble être le plus à même de combler ce vide, mais il lui faudra pour cela être performant, solide et sortir dans un laps de temps assez court –il est prévu pour le premier trimestre 2009– avant qu’un autre ne s’empare du créneau.





21:21 Nvx -
Commentaires
Excellent article. Avec Olympus micro 4/3, j'ai l'espoir qu'enfin les fabricants de compacts reviennent à la raison avec des capteurs de bonne taille et des pixels assez gros pour donner des images de qualité, peu de bruit même à iso élevé, bonne étendue dynamique. C'est justement ce qui manque cruellement aujourd'hui en compact, avec cette course marketing stupide aux millions de (mauvais) pixels (on en est à 15 M!).
Quid du système Fovéon développé par Sigma avec maintenant 2 compacts équipés de capteurs 3 couches au format APS?
j'ai acheté le DP1 de Sigma. je n'en suis pas content. bien que je le savais, ses capacités en lumière basse sont simplement médiocre, mais bon. la lentille n'est pas interchangeable.
c'était une fausse bonne idée. Si il avait des lentilles interchangeable, sigma aurait pu marqué des points.
L'Olympus me semble vraiment une la solution. Il sera le parfait compagnon d'un SLR.
J'ai quand même des doutes sur la qualité des images en basse lumière, j'attends de voir les tests à 800 iso.
@Bebert : Merci. Si le 4/3 n'est pas adapté à des reflex qui tendent de plus en plus vers le plein format, il peut en effet donner de bons résultats dans des boîtiers plus compacts. Il va falloir aux constructeurs mettre un petit coup de R&D pour créer des capteurs générant moins de bruit numérique et des puces de traitement améliorées, le même genre de travail que Panasonic a réalisé avec son LX-3. L'idéal serait sans doute d'y coller l'expertise de Nikon et de son super Expeed.
@ hatbrox : Le Foveon de Sigma donnera peut-être de meilleurs résultats au sein du DP-2 prévu pour le début de l'année prochaine. Il est vrai qu'il ne brille pas dans les basses lumières et qu'il est vraiment trop lent.
Mais pour ce qui est de l'encombrement, la taille même du capteur oblige à avoir une distance entre la lentille et le capteur un peu plus importante que le 4/3. Ce qui explique que le corps du DP-1 soit assez massif.
S'il voit le jour le Sigma NX rassemblerait tous les avantages:
grand capteur APS (comme les Sigma DP1 et 2)
optique interchangeable (comme Pana et Olympus)
compacité (comme tous et mieux que le G1).
On annonce même une bague adaptatrice pour pouvoir utiliser la baïonnette propriétaire avec des optiques d'autres marques..
Serait-ce le "messie" qu'attendent les fanas du format micro 4/3?
magnolio
Oupssss...il faut lire
"S'il voit le jour le SAMSUNG NX......."
Mille excuses.
magnolio