Nous vous en avions parlé. Le format micro 4/3 a été lancé en grande pompe à l'occasion de Photokina 2008 par Panasonic avec son G1. Premier des deux fabricants à pouvoir présenter un modèle finalisé, Panasonic n’a pas lésiné sur les moyens pour promouvoir un appareil dans lequel il croit beaucoup. De son côté, Olympus, pourtant père du format micro 4/3 n’a présenté qu’un prototype de son appareil compact à objectif interchangeable et encore, sous une cloche de verre. A regarder les deux produits on se rend de suite compte d’une approche tout à fait différente de ce type de format

Stratégie Panasonic : s’appuyer sur l’image du reflex

Panasonic est une entreprise d’ingénieurs qui se font plaisir: il suffit de jeter un coup d’œil au LX3 et autres L1 pour s’en rendre compte. Pour la marque nippone, le G1 est un pont d’accès au reflex: il en a le look, poussant le vice jusqu’à reproduire la protubérance qui abrite le prisme dans les reflex, un prisme dont il est bien évidemment dépourvu. Panasonic compte sur la taille réduite de l’appareil pour séduire mais souhaite s’appuyer sur l’image que pourrait avoir, dans l’esprit des gens, l’aspect pro.

Stratégie Olympus : créer une nouvelle niche

Dépouillé et à l’aspect rétro, le prototype d’Olympus colle avec ce que l'entreprise avait, officieusement, annoncé: proposer un appareil qui a un look de compact avec des objectifs interchangeables, le public étant, pour la marque, à la recherche d’un appareil relativement simple mais qui puisse, de part son jeu d’optiques, produire de meilleures images et être plus polyvalent.

Deux visions s’affontent

A gauche, un G1: bien dessiné, facile à prendre en main, avec un écran orientable et la stabilisation qui va bien ainsi qu'un look pro, il fait appareil sérieux. A droite, un prototype bien avancé: aspect simple, design épuré et un peu old-school, sentant le Leica sur les bord ou tout du moins l’appareil à papa. Deux approches du marché: pour Panasonic, attirer le photographe séduit par le look du reflex mais rebuté par la taille et l’encombrement. Pour Olympus, il s’agit de faire évoluer en douceur un utilisateur de compact qui veut juste que son appareil fasse un peu plus.




Micro-4-3-Pana-Vs-Olym

Avis objectif : avantage à Olympus

Le problème du G1 est que, malgré ses qualités intrinsèques, rien ne le distingue vraiment d’un reflex au premier abord. Ni l’aspect, volontairement proche donc, ni le prix puisqu’il sera proposé à 799 euros avec un 14-42 mm (28-84 mm en équivalent 24x36). Si l’on ajoute à cela qu’il n’est pas vraiment plus petit qu’un Olympus E-420 (le reflex le plus petit du marché), même s’il lui est supérieur, cela ne laisse pas beaucoup de champ à ce G1. D’autant qu’en plus du prix élevé s’ajoute l’absence de mode vidéo. De l’autre côté, même s’il n’est pas finalisé, et quand bien même il serait techniquement un peu inférieur au G1, le prototype -ou tout du moins l’approche d’Olympus- est plus cohérent. Si la marque arrive à contenir le prix –l’argument est de taille–, elle sera la seule à pouvoir proposer un appareil qui conjugue réellement les avantages des deux mondes que sont la petite taille (et la discrétion) des compacts et le panel d’optiques de qualité des reflex.

Avis subjectif : avantage à Olympus

De nombreux utilisateurs éclairés, de l’amateur avisé au photographe pro en passant par le reporter, attendent depuis longtemps un appareil de ce type. Si l’image du Leica M n’est pas loin, ce serait, en plus de l’effet de style, une réponse à un vrai besoin pour certains, à une vraie envie pour d’autres. Pour pousser plus loin la démonstration, on sait que l’appareil influence grandement, dans les photographies de personnes, la réaction, l'attitude, la perception du photographe. Face à un gros Canon EOS Mark III ou un Nikon D3 montés de lourdes optiques, la plupart des gens paniquent, optent pour une posture défensive et ce, souvent de façon inconsciente. Une grande quantité de travaux photographiques réalisés de façon intimiste le sont toujours au moyen de Leica ou appareils… argentiques. L’approche d’Olympus est plus proche en ce sens du chaînon manquant, un appareil que Leica de par son approche élitiste n’a pas été en mesure d’apporter avec un M8 médiocre et au prix extravagant (5000 euros boîtier nu). Le prototype d’Olympus semble être le plus à même de combler ce vide, mais il lui faudra pour cela être performant, solide et sortir dans un laps de temps assez court –il est prévu pour le premier trimestre 2009– avant qu’un autre ne s’empare du créneau.