Le champion des puces x86 Intel lance officiellement sa plate-forme Atom aujourd'hui. Officiellement seulement, puisque cela fait désormais des semaines que les informations circulent à propos de ces puces qui attaquent directement VIA sur son terrain : les puces à basse consommation. A l'heure où émergent les netbooks – les portables à bas coût pour surfer sur le Net, comme l'Eee PC – et les nettops - desktop à bas coûts -, le marché est tellement considérable, notamment avec le marché des pays émergents, qu'Intel enclenche la vitesse supérieure. A la façon de Centrino, Intel ne se contente pas de sortir un processeur, mais lance une plate-forme. Si pour l'Atom, le CPU, est au centre, c'est bien entendu le kit complet dénommé naturellement Centrino Atom que le géant de Santa-Clara entend promouvoir. Logo_Intel_Centrino_Atom

Le processeur qui ne cuit pas les mains Le tour de force d'Intel est tout d'abord de proposer un processeur qui ne dégage quasiment rien : 2,5 watts. Mais loin de s'arrêter à l'optimisation du CPU, l'optimisation s'étend au chipset, puisque southbridge et northbridge ne dégagent que 5,5 watts à eux deux, soit 8 watts pour la plate-forme complète... en utilisation maximale bien sûr. Cela représente bien peu, surtout si l'on prend en compte qu'en face du N270 (l'Atom cadencé 1,6GHz), VIA propose une puce Nano qui a un TDP (Thermal Design Power) de 25 watts. Mesurant à peu près la même taille que le Nano, le processeur Atom est un petit carré de 22mm de côté. Si petit qu'à côté, un Core 2 Duo a l'air énorme. Rayon technique, la bestiole est gravée en 45nm – ce qui permet de mettre un nombre considérable de die par waffer de 300mm -, utilise un bus de 533 MHz et est équipé de 512 ko de cache de niveau 2. Un genre de super Celeron qui consomme beaucoup moins en somme. La version 1,6 GHz, première version que l'on voit déjà commencer à fleurir ça et là, existe en deux versions : le N270 pour les netbooks, le N230 pour les nettops. La différence ? Physiquement aucune, il s'agit exactement des mêmes processeurs, mais le N230 dégage 1,5 watts de plus que le N270 (soit 4 watts). Le chipset de la plate-forme est composé de deux puces, le 945GSE et l'ICH7M, gérant la partie graphique, les ports e/s comme l'USB et le PCI express ou encore le son.

VIA en ligne de mire... On le voit bien, la plate-forme Atom vient donc se positionner frontalement face aux solutions de VIA, déjà embarquées dans de nombreux netbooks. Et nul doute que la force de frappe marketing d'Intel risque de peser lourd. Après, il ne faut pas perdre de vue que le Nano semble être un bon processeur – quoique dégageant beaucoup plus de chaleur – et il faudra attendre les benchmarks pour départager les deux plates-formes, en gardant en tête que lorsqu'un niveau de performances (assez subjectif) est atteint, c'est l'autonomie et le prix qui départageront les deux concurrents. Mais la guerre d'Intel ne s'arrête pas là. Poussant encore plus loin sa stratégie, le fondeur californien s'en prend à une deuxième cible avec son Atom...

...et ARM aussi Et ce deuxième concurrent c'est ARM, le maître des puces embarquées à basse consommation – qu'on trouve par exemple dans la PSP, la Nintedo DS, etc. Car Intel a décliné sa plate-forme Centrino Atom pour les MID (Mobile internet device), ces terminaux ultramobiles qui se glissent dans la poche ou dans un petit sac, parfois dépourvus de clavier, qui permettent de lire des mails ou des vidéos. La comparaison avec l'iPhone n'est bien évidemment pas stupide... Pour ces machines Intel a encore poussé plus loin la miniaturisation, en fabriquant un processeur mesurant 13 mm sur 14 et comportant 47 millions de transistors. Ça en fait du monde sur un die d'à peine 25mm²!

Imposer le x86 et envahir le monde de la téléphonie L'enjeu d'Intel sur ce type de plate-forme est d'imposer son jeu d'instructions x86. Et l'argument de poids est la compatibilité avec la logithèque existante, soit l'écrasante majorité des programmes actuels... et passés. Et là où il faut développer une version du player Flash pour chaque type de processeur ARM, la version x86 se transpose sur toutes les puces compatibles puisqu'elle ne dépend plus alors que de l'OS. Et pour peu qu'on regarde l'iPhone, qui préfigure un peu les téléphones du futur, il est facile d'en déduire que ce marché visé par Intel est juteux.