Nvidia_logo_black01« Un bon CPU c'est bien, un bon GPU c'est mieux » : c'est en substance le message que nVidia entend faire passer aujourd'hui au consommateur au travers de son message « Is your PC Off-balanced? » (que l'on pourrait traduire par « la configuration de votre PC est-elle équilibrée ? »). Qui nVidia vise-t-il au travers de ce slogan? La réponse: Intel, leader mondial des CPU et des solutions graphiques intégrées, pas moins. La stratégie de nVidia pourrait se résumer ainsi: rester le champion de la 3D et tirer parti de la puissance de ses puces pour y ajouter de nouvelles fonctions (comme l'accélération de filtres Photoshop, par exemple). Un accroissement du rôle des puces nVidia qui aboutirait à ce que le processeur central ne soit plus qu'un composant comme un autre au sein de l'ordinateur, et non plus l'argument majeur d'achat.

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Le juste équilibre Sur quoi nVidia se base-t-il? Sur des chiffres. Qu'on regarde des benchmarks ou qu'on le constate au quotidien, on se rend vite compte d'une chose: gros CPU+petit GPU=performances ridicules dans les jeux. En revanche, CPU moyen+GPU moyen=bonnes performances dans les jeux. Une simple question d'équilibre en somme. C'est cruel mais les puces Intel sont de véritables catastrophes en 3D. Cette réalité, nVidia a parfois du mal à la faire passer du côté des intégrateurs. Le fabricant entend désormais directement la faire entendre aux particuliers. Car si le quidam lambda cherche éventuellement le logo AMD ou nVidia sur sa machine lors de l'achat, c'est avant tout les chiffres du processeur qu'on lui donne. Un manque d'information ou d'éducation du consommateur, selon des termes marketing, qui aboutit à des configurations aberrantes et inadaptées. Pour un même prix, on peut obtenir des machines dont les performances –notamment dans les jeux– sont très différentes. Tout miser sur le processeur ne fait pas tout. Un Quad Core Extreme avec une X3100 (dernière-née des puces graphiques intégrées d'Intel) ne fera jamais tourner Crysis.

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Au-delà des jeux A l'heure où les OS commencent sérieusement à tirer parti de la 3D et sont de plus en plus gourmands en terme de performances multimédias, la stratégie de pluridisciplinarité de ses GPU –au travers de la décompression vidéo matérielle ou de la capacité des puces à être programmées- pourrait s'avérer d'autant plus payante qu'elle ne se borne pas à un argument marketing mais se vérifie au quotidien. D'autant que nVidia ne se contente pas de se tourner les pouces. Le fabricant va à la rencontre du monde logiciel pour inclure ses technologies directement au sein des applications. Il a commencé auprès d'éditeurs de jeux et continue désormais avec de gros acteurs comme Adobe. Bilan: la compression HD prise en charge à 100% par le GPU pointe le bout de son nez et les performances obtenues sont bien supérieures à celles des CPU, même les plus rapides. Mais nVidia n'entend pas s'arrêter là, prochaine étape: l'accélération prochaine des Photoshop et consorts.

Intel a plus d'un tour dans sa manche… Le fondeur de Santa Clara ne se la coule pas douce. Au vu de l'importance du marché des puces 3D, et en tant que leader des solutions graphiques -il fut même un temps dans la course avec un pas si mauvais i740-, Intel est très investi dans le domaine. D'une part avec son moteur physique Havok, d'autre part avec le rachat de Project Offset, une plate-forme technologique de développement de jeux. Lui aussi soigne son futur, avec dans ses manches Larrabee. C'est le nom de la prochaine étape graphique du fondeur, un «GPU killer» à base de technologie x86 sauce multicoeur. Mais des vaporwares, on en a vu des tonnes, et à défaut de démonstration probante aujourd'hui, on ne peut que demeurer sceptique au regard de l'écart de performances que l'on peut constater entre une X3100 et une simple 8600 GT à 60 euros…

…mais Nvidia a de l'avance De l'avance en matière de visual computing, c'est indéniable. D'une part, chez les pros au travers de la série quadro et des solutions de grid-computing. D'autre part, dans les consoles: il ne faut ne pas oublier que les chips graphiques de la Xbox 1 ou de la PS3 sont «made in nVidia». Et le constat est encore plus flagrant si l'on regarde des chiffres que Valve recueille au travers de son portail de jeu Steam. Le gros du gâteau est pour nVidia, l'autre grosse tranche pour AMD tandis que seuls trois pèlerins un brin optimistes tentent de jouer avec leur carte Intel. Résultat sans appel. D'un point de vue marketing, nVidia profite aussi d'une aura. D'une part, chez les joueurs, qui sont traditionnellement les consommateurs les mieux renseignés en terme d'équilibre de la machine et de rapport performance/prix. D'autre part, auprès du grand public, qui demande de plus en plus (PC familial à tout faire oblige) si le PC a une carte pour le jeu.

A qui profite le crime? S'en tenir à des benchs nVidia pour dire que le seul bénéficiaire de la démarche est le consommateur relèverait de la candeur. Mais force est de constater que si les chiffres produits par la marque sont bien évidemment à son avantage, nous observons au quotidien qu'un PC équilibré, où l'argent est intelligemment réparti, est forcément plus performant et plus pérenne avec l'ensemble des applications, avec des variations de performance encore plus évidentes dans les jeux. Et quand on parle d'équilibre de l'investissement, on ne se limite pas qu'aux CPU ou GPU, il faut aussi prendre en compte l'alimentation ainsi que les autres composants. L'adage «ne pas mettre un moteur de Ferrari dans une 2CV» se vérifie encore une fois. Il reste à savoir si Intel va enfin réussir à sortir un chip graphique digne de ce nom. Et surtout si le message de nVidia sera compris pas les consommateurs.